mardi 8 avril 2014

Geste performatif II. Les apprentis sorciers du geste.

Dans mon dernier texte j’ai parlé du geste performatif et je me suis étonné que personne dans l’équipe du PQ n’ait prévu l’effet que produira celui de PKP. Il faut dire que si la société regorge de spécialistes de l’image, peu sont celles et ceux qui comprennent ou même s’intéressent au geste.

L’image est un instantané (il y a quelques décennies on appelait certaines formes de photographies «instantanés») qui fige un moment. Les faiseurs d’images contemporains tentent d’imprimer dans la conscience de l’observateur une idée aussi précise que possible de l’objet présenté.

À l’opposé, le geste s’inscrit dans le temps et dans l’espace. Il reflète, représente ou signifie une action qui a un commencement et une fin. Lorsqu’il est théâtral, il suscite le plaisir du spectateur en lui permettant de le suivre et d’en être touché. Le geste demande une participation du public là où l’image ne fait que vouloir procurer un plaisir esthétique, impressionner ou  convaincre.


Cependant, en dehors du théâtre, le geste, une fois accompli, a une vie quasi indépendante sur laquelle le créateur a relativement peu d’emprise. Tel l’apprenti sorcier qui voulait faire travailler le balai sans en connaître le mécanisme, celles et ceux qui veulent emprunter au théâtre l’art du geste sans en maîtriser les bases, courent souvent à la catastrophe.

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